Encore à boutte – Le Devoir

Encore à boutte – Le Devoir

Chronique de Émilie Nicolas

Chaque fois qu’un élu ou une élue accède à un nouveau poste d’envergure, une partie du commentariat nous enjoint de laisser la proverbiale chance au coureur. Christine Fréchette vient de devenir première ministre du Québec et, avec son nouveau cabinet, elle avait une chance d’envoyer des signaux sur les changements qu’elle souhaite incarner à la Coalition avenir Québec (CAQ) et au gouvernement. En reconduisant Chantal Rouleau comme ministre responsable de la Solidarité sociale et de l’Action sociale, elle a déjà envoyé un signal fort.

Le milieu communautaire québécois a lancé à la fin mars deux semaines de grève sociale historique, qui ont culminé en avril avec une grande manifestation devant l’Assemblée nationale. Le message : nous sommes à boutte. Nos conditions de travail nous mènent droit à l’épuisement professionnel chronique. Nous sommes à boutte de ressources. À boutte de bras. Nous avons besoin d’aide, et le gouvernement lance des réformes légales qui affaiblissent l’autonomie de notre mouvement. Il faut relancer le dialogue sur de nouvelles bases, sinon on fonce droit dans le mur. C’est un maillon essentiel du filet social de la province qui est en jeu.

En lançant sa grève de services, le milieu communautaire avait demandé la démission de Chantal Rouleau, jugeant qu’avec elle, les discussions étaient au point mort et les conditions de base aux échanges fructueux n’étaient pas réunies. Nous sommes plusieurs — moi comprise — à nous être demandé si la séquence n’était pas risquée. En même temps, dans le contexte de la course à la chefferie de la CAQ, le message ne pouvait être ignoré. En devenant première ministre, Christine Fréchette avait l’occasion d’indiquer au communautaire qu’elle avait entendu son plaidoyer. Nous n’en sommes pas là.

Pour lire la chronique complète, c’est ici.