28 Mar Les chutes lentes – Le Devoir
Nathalie Plaat
23 mars 2026
Mes amis du communautaire me parlent d’une colère sourde qui les rend amers, épuisés.
Ils disent presque tous la même chose. C’est ce qui me frappe. Peu importent les visages que j’ai devant moi, le local où on me reçoit, la demande précise qu’on m’a faite ce jour-là, je récolte presque toujours les mêmes mots, à quelques variations près, si infimes qu’elles ne sont même pas notables. Ma question de départ, quand je vais à leur rencontre, est toujours la même, fort simple : « Qu’est-ce qui vous fait vivre le plus de souffrance dans le cadre de votre travail ? »
Et alors, toujours, peu importe le nom qu’ils donnent à leurs « bénéficiaires », « apprenants », « personnes atteintes », « personnes désaffiliées », « participants » ou autres « aidés » — ce n’est jamais le mot « client » déjà —, ce ne sont jamais elles, ces personnes à qui ils viennent en aide chaque jour, qu’ils tiennent pour responsables de ce qui les fait souffrir dans leur travail.
Pour lire la chronique complète dans Le Devoir : https://www.ledevoir.com/opinion/chroniques/965784/chutes-lentes